mardi 4 décembre 2007

Entre deux eaux

Quelque chose de défi d'écrire du milieu de l'Atlantique, pour parler origine.


Je suis rentrée chez moi, quelques jours durant, vivre comme avant, rire avec eux, et eux. Et dormir dans ses bras et m'promener dans sa main. Chez moi le premier, chez moi les souvenirs pas bien hauts, mais bien pendus; à deux mains aux branches d'arbres, à demain aux racines.

Mais aussi en cette antre, passer du temps suspendue au téléphone avec l'autre bout de mon monde, là en bas, où il fait rose vivre.

J'ai un pied de chaque côté, me voilà donc bancale ? Je ne me pense plus juste bretonne, mais pas que toulousaine (manquerait plus que ça !). Toujours la même question, du ricain qui me rencontre : d'où c'que je come from ? I'm from Brittany but studying in Toulouse for three years. Et là, le newyorkais de base, comme celui du sommet d'une quelconque tour d'ivoire, il s'en contrefiche assez. Au moins autant que toi, c'est dire. La France, il en connait Paris, sûrement mieux que moi . Et St Tropez , même apposition. Et eventuellement Bordeaux pour le vin, Dijon pour la moutarde, si môssieur à du goût. Cette question était politesse, et toi déjà tu étales ta vie. Plouf ! Surtout devant ces ricains, bien plus nomades que toi.

Voilà, je m'en rend compte, je sème des racines, je m'étends. Plante rampante. Je grandis (dans la caboche, un peu. Je sais mon mètre soixante depuis longtemps figé ), et ai besoin de davantage de supports à chaque fois. Etrange manie de se définir par l'où on viens. Je parlais Bretagne, Madrid et Toulouse jusqu'ici. Antilles aussi parfois. Et voilà que je me dis que j'irai bien plus loin. Planter un nouveau tuteur, décoloniser mes orgines. Ne pas être désolée, ne pas avoir que deux pieds, n'en déplaise à Thomas.

Je voudrais me sentir capable de faire mon nid partout, sans pour autant perdre des oeufs en bonhomme de ch'min. Tu crois ça faisable toi ? Là, ici et là. Et là aussi bien sûr. Comme à la maison. Pour l'instant, comme le crierai un bonimenteur, je prône en remède miracle : Un jour j'aurai un bateau. Mais d'ici là, hein, qu'est ce que j'en fais de ma traine de toute-part ? Reflexe d'auto défense, pour pas que vous marchiez dessus, je m' enrubanne, m'en tourbillone, m'en pavanne.

Tout ça pour dire que, je partais juste prendre un bol d'air frais dans un morceau de chez moi, avant de replonger dans ma mare new yorkaise. Mais, finalement je me laisserais bien, aussi, pousser des branchis.



Julie Heurtel.

Julie Tréma.

Jaïlou.

7 commentaires:

Steph a dit…

... et bah voilà c'était pas si terrible!! et puis les spopcorns (je restittue l'orthographe initiale tu m'excuseras) ont pas si mauvaise influence...

Stef, qui visiblement manie mieux l'euphemisation que la complimentation...

et sur ces paroles magiques, je vais me coucher!

txus!

Maëlle a dit…

je crois que voyager donne envie de voyager, de se poser partout et nulle part "sans perdre des oeufs en route" comme tu dis si bien...

Georges-Etienne Vezilier a dit…

Shake ces lyrics à base de racines rampantes...héhé J'ai kiffé le coup de l'arbre et à demain tout ça là... cool...ça a aucun rapport mais ça doit être sympa les balançoires chez toi...et sinon je comme soon à mon épopée New-Yorkaise...ladarlidada. biz

Julie d'Ailleurs a dit…

Je l'attends gars ton épopée, savoir tout ce que vous avez bullé a quelques blocs de chez moi sans qu'on parvienne a se croiser !

Anonyme a dit…

Aujourd'hui j'ai découvert qu'il n'y avait pas besoin de s'inscrire pour laisser un message ... alors j'en laisserai plus souvent, te voilà prévenue. Hum mais là ça perd un peu de son intérêt puisque j'te l'ai déjà dit que j'me retrouvais beaucoup dans cet article ...

Agathe a dit…

coucou !
desolée je suis longue à la détente !! Du coup je te réponds sur ton blog... Non Camille avait raison c'était pas l'Irraduim le bar blues jazz ou on est allées à NY, ca s'appelait le B.B. King... tu connais?

Julie d'Ailleurs a dit…

Ouai, je vous ou c'est, pas loin du tout de mon boulot, mais jamais alleee. C'est plus blues d'habitud je crois.